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Politique, culture, éducation, formation pour un monde en mouvement et particulièrement informations sur la Chine - blog créé le 10 mai 2006

MIEUX COMPRENDRE L’HISTOIRE DE L’IMPÉRIALISME POUR ORGANISER LE PROLÉTARIAT

L’impérialisme n’est pas seulement une domination économique : il est un système mondial d’oppression qui enchaîne les peuples, pille leurs ressources et corrompt une partie des dirigeants des organisations populaires et ouvrières (partis se réclamant du socialisme, du communisme et syndicats) des métropoles. 

Lénine l’a montré dans L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916) : la concentration monopoliste, l’exportation des capitaux et le partage du monde entre grandes puissances transforment une fraction du prolétariat des pays dominants en « aristocratie ouvrière », achetée par les surprofits coloniaux et intégrée idéologiquement à l’ordre bourgeois. Cette couche sociale, écrivait-il, devient un « appui social du chauvinisme, du réformisme et de la trahison de classe ». Le prolétariat traversé par différents courants idéologiques n’est donc pas uni et profondément divisé. Cependant le développement de l’impérialisme à son stade actuel tend à faire tomber les masques et permet de clarifier par exemple qu’il y a dans les organisations socialistes et communistes des politiciens qui justifient l’impérialisme  en refusant de soutenir les peuples qui en sont victimes ou qui font diversion en déclarant que toute grande puissance est impérialiste en occultant que la contradiction principale se joue entre l’hyper puissance états-unienne disposant de l’arsenal le plus vaste, le plus répandu qu’elle emploie partout et en envahissant ou en menaçant l’intégrité de  toutes les nations qui refusent de se plier à son ordre criminel et génocidaire. 

Ainsi, l’impérialisme touche tous les peuples, mais il divise le camp du travail. Tandis que les masses exploitées d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine subissent la violence directe de la domination, une partie des travailleurs du centre impérial s’embourgeoise, se rallie à l’ordre établi et renonce à sa mission historique. Cette trahison n’est pas seulement morale : elle est politique. Comme le soulignait déjà Marx, « la classe qui possède les moyens de production matérielle possède aussi les moyens de production intellectuelle ». L’idéologie dominante pénètre alors jusque dans le mouvement ouvrier.

Pourtant, l’histoire n’est pas figée. La révolution mondiale a trouvé son premier point de rupture en 1917, à Petrograd, lorsque le prolétariat russe, allié à la paysannerie pauvre, a brisé la chaîne impérialiste « par son maillon le plus faible », selon l’expression de Lénine. Cette dynamique s’est prolongée en Chine avec Mao Zedong, qui montra que les nations opprimées pouvaient devenir le foyer principal de la révolution mondiale, puis à Cuba avec Fidel Castro et Che Guevara, puis au Vietnam avec Ho Chi Minh démontrant que de petits pays soumis à l’impérialisme américain pouvaient ouvrir une brèche historique.

Mao résumait cette dialectique en affirmant que « l’impérialisme et tous les réactionnaires sont des tigres en papier » : puissants en apparence, mais condamnés par les contradictions qu’ils engendrent. Gramsci, de son côté, rappelait que l’hégémonie bourgeoise n’est jamais totale et que, même au cœur des métropoles, subsistent des forces subalternes capables de reconstruire une conscience de classe révolutionnaire.

Le prolétariat apprend de ses défaites. Chaque échec – de la Commune de Paris aux reculs du mouvement ouvrier européen – enrichit son expérience historique. Comme l’écrivait Lénine, « la révolution est une science », faite d’essais, d’erreurs, de corrections stratégiques. Lorsque les travailleurs des pays dominés et ceux du centre impérial comprendront que leurs intérêts sont objectivement communs, lorsque l’unité internationale se reconstituera contre la bourgeoisie mondiale, alors la base même de l’Empire sera minée.

Car l’impérialisme ne tombera pas seulement sous les coups de la périphérie : il s’effondrera lorsque les masses exploitées du cœur du système se soulèveront à leur tour, rompant avec l’aristocratie ouvrière et retrouvant la perspective révolutionnaire. Alors se vérifiera l’intuition de Marx et d’Engels dans le Manifeste : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ». De nos jours cette unification passe par des accords et des coopérations entre nations aux systèmes politiques différents mais dont les classes prolétariennes  ont toutes un point commun, elles sont exploitées d’abord par la domination de leurs nations respectives  par le capitalisme impérialiste qui est l’exploiteur dominant. L’unification consciente de toutes les forces du travail, au Sud comme au centre, fera s’écrouler l’édifice impérial et ouvrira une nouvelle phase de l’histoire humaine.

Jean-Paul LEGRAND
15 janvier 2026

illustration : peinture de Edvard Munch - Le soleil -

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