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Politique, culture, éducation, formation pour un monde en mouvement et particulièrement informations sur la Chine - blog créé le 10 mai 2006

CRISE DU CAPITALISME, IMPÉRIALISME ET RECONSTRUCTION DE LA CONSCIENCE DE CLASSE

CRISE DU CAPITALISME, IMPÉRIALISME ET RECONSTRUCTION DE LA CONSCIENCE DE CLASSE

 

RETROUVER UNE LECTURE MATÉRIALISTE DU RÉEL

 

La période actuelle donne le sentiment d’un monde instable, traversé de tensions sociales, de conflits internationaux et d’incertitudes économiques qui semblent échapper à toute logique. Pourtant, cette apparente confusion n’est pas le fruit du hasard ni la conséquence d’erreurs individuelles ; elle procède des contradictions profondes du capitalisme arrivé à un stade avancé de son développement. Comprendre cette réalité suppose de rompre avec les lectures superficielles qui personnalisent les crises ou les réduisent à des phénomènes moraux, pour retrouver une analyse matérialiste capable de relier entre eux les faits économiques, sociaux et géopolitiques.

Car sans cette compréhension, les travailleurs perçoivent les effets sans en saisir les causes, et demeurent ainsi désarmés face à un système qui organise leur exploitation tout en dissimulant ses mécanismes.

 

LE CAPITALISME OU LA CONTRADICTION PERMANENTE

 

Le capitalisme repose sur une dynamique simple en apparence, mais profondément contradictoire dans ses effets : produire toujours davantage pour accroître le profit. Or, cette logique conduit à une transformation constante des conditions de production, dans laquelle le travail humain est progressivement remplacé par des machines, au nom de la productivité et de la compétitivité. Mais ce mouvement, qui semble relever du progrès technique, porte en lui une contradiction majeure, puisque seule la force de travail est créatrice de valeur.

Ainsi, en réduisant la part du travail vivant, le capital affaiblit la source même du profit qu’il recherche. Cette contradiction, mise en lumière par l’analyse marxiste, se traduit par une tendance à la baisse du taux de profit, à laquelle le système ne peut répondre qu’en intensifiant l’exploitation, en comprimant les salaires, en dégradant les conditions de travail et en élargissant sans cesse le champ de la valorisation du capital.

Les crises économiques, loin d’être des accidents, apparaissent dès lors comme des moments nécessaires de réajustement brutal, au cours desquels le capital détruit des forces productives, précarise les travailleurs et recompose les rapports de force à son avantage. L’histoire, de la grande dépression des années 1930 aux secousses financières du début du XXIe siècle, en fournit des illustrations saisissantes.

LES CONQUÊTES SOCIALES : UNE MÉMOIRE DE LUTTES

Dans ce mouvement, il serait profondément erroné d’interpréter les droits sociaux dont ont bénéficié certaines générations de travailleurs comme des concessions naturelles du capitalisme. Les acquis sociaux, qu’il s’agisse des congés payés, de la protection sociale ou des statuts collectifs, sont avant tout le résultat de luttes longues, souvent âpres, menées par la classe ouvrière aux XIXe et XXe siècles.

L’expérience de la Commune de Paris, bien que brève, a démontré que les travailleurs pouvaient non seulement contester l’ordre existant, mais également esquisser une forme de pouvoir alternatif. De même, le Front populaire a illustré comment un rapport de force construit dans les entreprises et dans la rue pouvait contraindre le capital à céder des avancées significatives. Ces conquêtes ont été consolidées dans certaines périodes historiques où les classes dominantes, confrontées à la pression sociale et à des enjeux internationaux, ont dû accepter des compromis.

Mais ces compromis n’ont jamais été définitifs. Ils étaient conditionnés par un rapport de force et par des circonstances historiques spécifiques.

 

LA FIN DES COMPROMIS ET LA GÉNÉRALISATION DE LA PRESSION SUR LE TRAVAIL

 

Aujourd’hui, les conditions qui permettaient cette stabilisation relative de certaines couches du salariat tendent à disparaître. La mondialisation des échanges, l’intensification de la concurrence et la pression accrue sur les profits conduisent le capital à remettre en cause les acquis sociaux issus des luttes passées.

Ce mouvement ne touche plus seulement les fractions les plus précaires du prolétariat ; il s’étend désormais à des catégories qui avaient été, pendant un temps, relativement protégées. Les classes moyennes salariées, les professions intermédiaires et même certaines fonctions qualifiées font l’expérience d’une dégradation progressive de leurs conditions d’existence, marquée par l’instabilité de l’emploi, l’érosion des garanties collectives et une intensification du travail.

Ainsi se dessine une tendance lourde : celle d’une généralisation de la surexploitation, qui ne constitue pas un accident conjoncturel, mais la réponse structurelle du capital à ses propres contradictions. Ce processus fragilise les bases sociales du réformisme et ouvre, dans le même temps, la possibilité d’une recomposition de la conscience de classe, à condition que cette expérience diffuse de la précarisation soit reliée à une compréhension globale du système.

 

L’IMPÉRIALISME OU LA DOMINATION MONDIALE

 

À l’échelle internationale, ces dynamiques prennent la forme de l’impérialisme, c’est-à-dire d’un système dans lequel les grandes puissances cherchent à imposer leur domination économique, politique et militaire afin de sécuriser leurs intérêts. Dans ce cadre, le rôle du centre impérial contemporain, incarné par les États-Unis, apparaît particulièrement révélateur.

Les interventions militaires, telles que la Guerre d’Irak ou la Guerre en Afghanistan, celles du génocide à Gaza, l’agression contre le Venezuela et celle contre l’Iran, ne sauraient être comprises comme seulement la réaction de l’impérialisme  à des nations qui refusent sa domination. Elles s’inscrivent dans une stratégie globale visant à contrôler les  ressources stratégiques, à maintenir des zones d’influence et à garantir les conditions de la reproduction du capital à l’échelle mondiale.

Loin d’être extérieures au fonctionnement du capitalisme, ces guerres en constituent le prolongement nécessaire à l’accumulation du capital. Elles révèlent que, lorsque les mécanismes économiques ne suffisent plus, la contrainte politique et militaire devient un instrument direct et indispensable de la domination.

 

DIVISER POUR EMPÊCHER DE COMPRENDRE

 

Face à ces contradictions, le système ne se contente donc pas d’imposer des rapports économiques d’exploitation ; il agit également sur le terrain idéologique. En substituant à l’analyse des classes sociales et de leur rapport des lectures fragmentées du réel, fondées sur des oppositions culturelles ou identitaires, il contribue à désorienter le monde du travail, à le détourner de la conscience que son unité est indispensable à son émancipation.

Ce déplacement du regard détourne l’attention des mécanismes d’exploitation et empêche la formation d’une conscience de classe unifiée. Les travailleurs, au lieu de se reconnaître dans des intérêts communs, sont incités à se percevoir comme appartenant à des catégories distinctes et parfois concurrentes.

 

CONSCIENCE DE CLASSE ET DÉPASSEMENT DE L’ÉLECTORALISME

 

Dans ce contexte, la conscience de classe ne peut être réduite à une simple participation aux échéances électorales. Elle suppose d’abord une compréhension des rapports de production, c’est-à-dire des conditions concrètes dans lesquelles les richesses sont produites et appropriées.

L’histoire du mouvement ouvrier montre que les transformations sociales les plus profondes ne sont jamais issues d’un simple changement institutionnel, ainsi le discours populiste de Mélenchon qui consiste à expliquer que l’election présidentielle est le moyen de la transformation sociale est un leurre total et une dangereuse illusion. Le changement révolutionnaire nécessaire dépend impérativement d’un rapport de force construit dans la durée, à travers les luttes, les mobilisations l’organisation collective syndicale d’une part et politique d’autre part.. Les élections peuvent constituer un moment de cette confrontation, mais elles ne sauraient en être aucunement le substitut. 
 

ORGANISATION ET PERSPECTIVE RÉVOLUTIONNAIRE

 

Dès lors, la question de l’organisation politique et sociale devient décisive. Sans organisation communiste influente c’est à dire convaincante , les luttes restent dispersées et peinent à produire des effets durables ; avec des cellules communistes dans le monde du travail composées de salariés d’une même entreprise ou d’une même zone d’activités, ou encore d’un même quartier les luttes larges composées de personnes de sensibilités politiques  très diverses  peuvent se transformer en une force capable de contester l’ordre existant et de proposer une alternative.

Cette alternative ne peut se limiter à une redistribution marginale des richesses. Elle implique une transformation des rapports de production eux-mêmes, à travers l’appropriation sociale des principaux moyens de production et la mise en place d’une planification orientée vers la satisfaction des besoins.

Une telle transformation suppose également la conquête du pouvoir politique, condition indispensable pour garantir dans la durée les changements économiques et sociaux engagés. Sans cette maîtrise du pouvoir d’État, les avancées obtenues restent fragiles et susceptibles d’être remises en cause.

 

UNE PÉRIODE DÉCISIVE

 

La période qui s’ouvre est marquée par une intensification des contradictions du capitalisme, qui ne dispose plus des marges nécessaires pour stabiliser durablement les sociétés. Cette situation crée à la fois des tensions accrues et des possibilités nouvelles.

Rien n’assure que ces évolutions déboucheront spontanément sur une transformation progressiste. Elles peuvent tout autant conduire à des formes de régression, si elles ne sont pas accompagnées d’un travail conscient d’analyse, d’organisation et de mobilisation.

 

AVEC LE PCF, COMPRENDRE POUR TRANSFORMER

Ainsi, la tâche centrale demeure inchangée dans son principe, bien qu’elle prenne des formes nouvelles : il s’agit de comprendre les mécanismes du capitalisme, de reconstruire une conscience de classe, d’organiser le monde du travail et de préparer les conditions d’une transformation radicale de la société.

Car tant que les moyens de production resteront concentrés entre les mains d’une minorité, les crises, les inégalités et les conflits continueront de structurer la vie sociale. Inversement, la mise en commun de ces moyens, associée à une direction politique exercée par la classe productrice elle-même, ouvrirait la voie à une organisation de la société fondée sur la coopération, la satisfaction des besoins et la maîtrise collective du devenir historique. C’est cette société, le socialisme,  qui permettra de commencer à s’émanciper du capitalisme et à le dominer pour ne plus en être les exploités.

Jean-Paul LEGRAND
16/04/2026

Image : toile du peintre russe Arkady Plastov intitulée à mi-chemin. 
Ma réflexion : le chemin pour le socialisme nécessite de prendre le temps de travailler notre conscience de classe par la connaissance et l’unification des luttes avec une claire compréhension de l’exploitation au XXIeme siècle inséparable de la compréhension de l’impérialisme.

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