Politique, culture, éducation, formation pour un monde en mouvement et particulièrement informations sur la Chine - blog créé le 10 mai 2006
8 Janvier 2026
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Dans l’analyse marxiste de l’État, la démocratie n’est jamais neutre. Elle est toujours le produit d’un rapport de forces entre classes sociales. La commune, héritière des combats populaires et de la Commune de Paris de 1871, reste aujourd’hui l’un des derniers espaces institutionnels où le monde du travail peut encore peser concrètement sur les choix politiques. C’est précisément pour cette raison qu’elle est dans le viseur du capital.
À l’approche des élections municipales, l’acharnement contre la démocratie communale n’est pas un hasard. Pour les classes dominantes, la commune est dangereuse : elle peut freiner les logiques de casse industrielle, préserver les services publics locaux, soutenir l’emploi, protéger les populations face à l’austérité, et expérimenter des formes de démocratie populaire qui échappent partiellement au contrôle du capital financier.
AUSTÉRITÉ, GUERRE ET CAPITALISME DE PRÉDATION
Le budget de l’État français n’est pas un simple instrument technique. Il est aujourd’hui l’expression d’un choix de classe. D’un côté, l’austérité imposée aux collectivités locales, aux hôpitaux, aux écoles, aux services sociaux. De l’autre, des milliards débloqués pour alimenter l’économie de guerre, notamment dans le cadre du conflit en Ukraine, au bénéfice direct des industries de l’armement et des multinationales.
Dans ce système, l’argent public est siphonné. Il nourrit à la fois les profits capitalistes et des circuits opaques où prospèrent trafics d’armes, corruption et mafias transnationales. La guerre devient un marché, et l’Europe un terrain de chasse pour les marchands de mort. Pendant ce temps, les communes sont sommées de « se serrer la ceinture », de fermer des services, d’abandonner leurs missions sociales.
L’IMPÉRIALISME AMÉRICAIN À L’OFFENSIVE
Le marxisme nous enseigne que l’impérialisme n’est pas une dérive, mais un stade du capitalisme. Les États-Unis, puissance impérialiste dominante, n’agissent jamais pour la démocratie ou la paix, mais pour la défense de leurs intérêts économiques et stratégiques. Les déclarations brutales de Donald Trump, y compris face à Emmanuel Macron, sur l’imposition de prix, le chantage commercial ou les médicaments, ne sont qu’une version décomplexée d’une politique constante que même les fameux dirigeants « démocrates » états-uniens ont mis en œuvre contre des dizaines de nations. Ce qui change avec Trump c’est le champ des victimes de la prédation, il s’élargit même à des pays de l’OTAN avec leurs gouvernements, dont celui de la France avec son exécutif, qui ont été très serviles depuis des décennies et qui doivent désormais se plier aux injonctions de leur maître de Washington.
La volonté des Etats-Unis de s’approprier des territoires stratégiques comme le Groenland, de dicter leurs règles à l’Europe, d’imposer leurs normes et leurs prix, montre à quel point les peuples européens sont traités comme des variables d’ajustement. Derrière les multinationales américaines se cache un complexe politico-administratif gangrené par les lobbies, les intérêts mafieux de la drogue, de l’armement et de la prostitution et la violence économique par la surexploitation et la precarisation accrue du travail.
DÉTRUIRE LA COMMUNE POUR DÉTRUIRE LA RÉSISTANCE
Pourquoi s’attaquer aux communes ? Parce qu’elles peuvent dire non. Parce qu’un conseil municipal ancré dans les classes populaires peut refuser une fermeture d’usine, défendre une régie publique, bloquer une privatisation, soutenir une lutte syndicale, accueillir la solidarité internationale autrement que par la guerre.
Détruire la démocratie communale, c’est empêcher l’émergence de pôles de résistance à l’ordre impérialiste et capitaliste. C’est vider les élections locales de leur contenu politique, transformer les mairies en simples relais technocratiques des politiques d’austérité décidées ailleurs, loin du peuple.
LES MUNICIPALES : UN ENJEU DE LUTTE DE CLASSES
Pour les communistes et les syndicalistes, les élections municipales ne sont pas un simple rendez-vous électoral. Elles sont un terrain de lutte. Un moment où peut se reconstruire un rapport de forces en faveur du monde du travail. Défendre la commune, c’est défendre la souveraineté populaire face à l’impérialisme, c’est refuser que l’argent public finance la guerre pendant que les services publics meurent.
La commune peut redevenir un laboratoire d’innovation démocratique : budgets participatifs de classe, contrôle citoyen des entreprises délégataires, soutien actif aux luttes sociales, coopération entre territoires contre la concurrence capitaliste. À condition de rompre clairement avec les logiques libérales et atlantistes.
CONSTRUIRE DES COMMUNES DE RUPTURE
L’enjeu est clair : soit les communes sont intégrées, neutralisées, asphyxiées financièrement ; soit elles deviennent des bastions de résistance populaire. Dans un contexte de crise systémique du capitalisme, de montée des guerres et de l’autoritarisme, la bataille municipale est une bataille stratégique.
Face à l’impérialisme, face à la guerre, face au capitalisme mafieux mondialisé, défendre la commune, c’est défendre la possibilité même d’une alternative socialiste. C’est remettre la politique entre les mains de celles et ceux qui produisent les richesses, et non de ceux qui les pillent.
Jean-Paul LEGRAND
07/01/2026
Illustration : toile de l’artiste allemande Katharina Grosse
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